Usurpation d’identité, prudence sur le net – par Johan Giusti

Les pirates et les escrocs sont de plus en plus nombreux et de plus en plus forts. Derniers crimes en recrudescence : les tentatives d’usurpation d’identité ou leur préparation, dont moi-même j’ai été la cible. Les usurpations d’identité font 2 types de victimes. D’abord évidemment la personne dont l’identité est usurpée, mais plus encore les sociétés qui font confiance aux faux profils créés par les escrocs. Voyons tout de suite la problématique puis les contre-mesures. Cela va de la vigilance des acteurs à l’alerte à la police en passant par le « grillage » du profil pour qu’en cas d’utilisation de l’identité par l’escroc, l’étau se resserre plus vite.

« Allo c’est JOHAN GIUSTI, de WINSIDERS » « Ah bon, mais qu’est-ce qui me le prouve vraiment « ?

Quand on vous contacte pour vous demander un papier, des informations, pour vous commander du matériel ou ouvrir une ligne de crédit chez vous… Partez du principe que vous n’êtes pas sûr de qui se trouve au bout du fil, ou de l’autre côté de l’email. Et parfois même dans votre bureau. Les apparences sont trompeuses et les escrocs talentueux. Alors soyez vigilant et sérieux dans les mesures de contrôle, du document et du faciès de la personne présente. Une simple photocopie de carte d’identité ou un KBIS ne sont en rien des documents difficiles à se procurer. Les vols de CNI sont nombreux, les KBIS sont accessibles au public. Il est même possible de falsifier un scan de document sous Photoshop… De grandes entreprises se font escroquer, parfois même avec des arnaques au faux président (avec imitations de voix, prise d’informations concordantes en interne etc…). Mais les TPE/PME sont aussi la cible des malfrats, donc mieux vaut se méfier avant d’envoyer du matériel quelque part. Rappeler le numéro de fixe d’une entreprise, ou demander des originaux en termes de document d’identité, des acomptes voire un paiement d’avance, sont des basiques à mettre en oeuvre. Si vous découvrez l’usurpation, prévenez la police.

Les victimes : organismes de crédits, fournisseurs… ainsi que l’usurpé et sa société

Ceux qui font confiance à un usurpateur courent ensuite pour recouvrir leurs créances. Evidemment, 1ères victimes, elles tentent de se retourner vers la personne dont les papiers ont été utilisés mais qui elle est de bonne foie. Il faut donc que tout le monde soit vigilant dans le contrôle des commandes ou des ouvertures de compte, mieux vaut prévenir que guérir. Le renforcement de la sécurité n’est jamais une perte de temps. Ce sont ces victimes là qui ont les clés et pas la personne dont le nom est utilisé malheureusement.

Prévenir la police en cas d’usurpation, mais aussi les partenaires financiers, banques et Banque de France…

Evidemment la première chose qui est faite c’est de prévenir la police. L’usurpation d’identité étant un délit, police et gendarmerie disposent du cadre législatif pour enquêter (des divisions contre la cybercriminalité existent et se multiplient à mesure que les crimes augmentent). Vous devez aussi alerter les banques privées mais aussi la Banque de France. Un maximum d’acteurs institutionnels sont prévenus, afin que :
– D’une part en cas de problème, vous soyez couvert
– Si l’escroc tente d’utiliser vos papiers, votre profil étant « grillé », il a une chance de se faire intercepter plus vite. Le masque tombe, le délit peut ainsi conduire directement en prison.
Les fournisseurs, partenaires, grands magasins, clients, amis, famille, le facteur… Vous pouvez aller aussi loin que vous voulez et dans le temps dont vous disposez. Pour ma part je suis allé aussi loin que possible et la liste serait trop longue. Paranoïa ou simple prudence, faire le maximum c’est une façon de se battre et de se sécuriser.

Conclusion

Le web avançant, de plus en plus de données et documents circulent au format numérique. Il est quasiment impossible d’empêcher quelqu’un d’usurper une identité. Par contre, ceux qui peuvent empêcher les usurpateurs de profiter de leurs fausses identités, ce sont les entreprises qui acceptent de délivrer de l’argent ou du matériel avec trop peu de garanties. La confiance est la faiblesse exploitée par les escrocs, depuis toujours. Il faut donc renforcer les contrôles. Si une usurpation est ainsi détectée, cela permet d’éviter un préjudice et de prévenir la police qui pourra ainsi arrêter le malfaiteur. Il encourra de base de la prison et des amendes, qui se cumuleront sans doute avec d’autres infractions connexes (comme le faux et l’usage de faux).